Editeur : Carlotta, novembre 2008. Nouveau master restauré. Format : 2.35. VO VOSTF & VF mono (1h43). Prix public conseillé : 25 €.
Suppléments sur DVD 2 :
Marié et père de trois enfants, Clifford Groves s'est lassé de la perfection avec laquelle son épouse dirige son foyer au détriment de leurs relations conjugales. Entre la fabrique de jouets dont il est le gérant et la routine familiale, Clifford s'ennuie. Lors d’un week-end professionnel, il retrouve Norma, une ancienne amie à la brillante carrière, et qu’il aime comme au premier jour…
Demain est un autre jour, titre français récent
car exploité sous son titre original jusque dans les années
80, est aussi ironique que le titre original. Remake d'un film de 1934
de Edward Sloman qui a déjà ce titre plus un titre alternatif
qui met davantage dans l'ambiance réelle du film :To late
for love.
Demain est un autre jour est un mélodrame poignant et déchirant même s'il n'est pas flamboyant. Ce n'est en effet pas la couleur qui domine mais la grisaille, celle de l'atelier-usine et de la maison. La passion ne trouve pas à s'exprimer sauf dans quelques scènes, pointes lyriques, où l'image a plus de texture et de velouté: lorsque la pluie se reflète sur le visage de Barbara Stanwyck ou la pluie qui pleure à sa place après la visite des enfants ou lorsque Fred MacMurray la suit sous la pluie.
Ouverture de faux conte de fées avec son "once upon a time" avec de la pluie. Sirk représente ses personanges dans l'élan et Fred MacMurray dira "Je me suis znterré vivant dans un tombeau que j'ai construit moi-même". L'adultère serait la façon de faire battre son cur, lui qui s'est identifié à Retz, le robot qui parle et qui marche.
Le désert s'appose à la pluie et au gris de l'atelier de fabrication et de vente. c'est une Californie de carte postale, mais le rêve reste non consommé. Structure de comédie avec les enfants qui commentent et manipulent. Pour jean-Pierre Berthomoei, la fin pathétique recèle une fin en demi-teinte qui est l'acceptation du vieillissement et que l'amour de jeunesse s'est envolé. Une sorte d'amertume qui tient à la conscience que le temps est passé et qu'il est impossible de revenir en arrière. Jean-Loup Bourget voit un mélodrame plus net avec le montage télépathique final, caractéristique des gens qui s'aiment : Fred MacMurray entend un avion et sait que c'est celui de celle qu'il aime qui s'en va à jamais.
Le matriarcat américain est vivement attaqué. Chez Sirk,
la femme agit souvent alors que l'homme est le témoin ému
de son action (fin du Mirage de la vie). Fred MacMurray apparait comme
un mari en tablier. Le personnage de la femme utilise les armes de la
société pour contraindre son mari à rester. Elle
ne comprend pas ce qui s'est passé. Barbara Stanwyck, indépendante
et romantique, demande à ce que l'on pense un peu à papa